Intervention CGT Spectacle Conférence de Presse du 16 mai 2014

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Intervention CGT Spectacle

Conférence de Presse du 16 mai 2014

« Ne parlez pas d’acquis sociaux mais de conquis sociaux,

parce que le patronat ne désarme jamais ».

Ambroise CROIZAT, Ministre du travail et de la sécurité sociale de 1945 à 1947.

Ceux qui en ont assez n’en ont jamais suffisamment. La dévastation de nos conquis sociaux amorcée sous l’ère Sarkozy se précipite avec Lui-Président. Si le MEDEF avait déjà des ailes, durant ce mandat, il a pris son envol et accélère le pilonnage du programme du Conseil National de la Résistance, à travers ANI(S) et Pactes de tout ordre, il dépèce chaque jour un peu plus notre sécurité sociale. La vassalité aux volontés du MEDEF et l’allégeance dévorante à l’argent n’ont jamais été aussi exacerbées.

L’Europe continue d’avoir une politique culturelle médiocre alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre-échange, dramatique pour la culture. A propos du financement public de la culture, Barroso, Président de la Commission européenne, avait déclaré que cela revenait à financer des campagnes anticapitalistes. Bon élève, Lui-Président ! Le budget du Ministère de la Culture a été rabaissé en dessous du seuil où il était à l’arrivée de François Mitterrand.

L'obsession du gouvernement, à vouloir réduire, sans discernement, la dépense publique en donnant au capital humain un traitement économique, sonne le glas du service public en général et de celui de la culture en particulier.

Les collectivités territoriales, dont le rôle est devenu incontournable en culture, voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. La loi MAPAM[1] (prolongement de la RGPP) elle, entérine le désengagement politique de l’État par la délégation de ses compétences.

Ainsi le rôle central de l’État pour assurer la pérennité de l’action publique et des services publics, l’équité territoriale et les conditions de l’accès pour tous, est aujourd’hui totalement remis en cause. Au-delà de notre secteur d’activité, c’est l’ensemble des missions de l’État et des services publics qui pourraient à terme disparaître. On voit déjà les effets catastrophiques que cela pourrait avoir sur l’éducation nationale, la santé, la protection sociale...

La montée en puissance de l’extrême droite et de ses idées enfantée par les gourous de l’austérité et leurs serviteurs, a de quoi nous alarmer. Nous voyons d’ores et déjà plusieurs spectacles remis en cause, voire interdits de représentation. Ce n’est pas la politique promise par le nouveau premier ministre qui va endiguer ce déploiement.

Nous avons toutes les raisons de nous inquiéter sur l’avenir et l’impact d’une telle réforme selon les résultats des élections à venir. Et donc de QUI pourrait s’emparer de cette délégation de compétence et surtout pour faire QUOI ?

Pour citer Jack RALITE «On est arrivé à l’os, et cinquante ans de constructions commencent à chanceler ». Le secteur culturel, pionnier de la décentralisation, commence à en subir le cataclysme.

Ces réformes associées à l’accord sur le l’assurance chômage et le régime spécifique des salariés intermittents vont accroire encore la paupérisation des travailleurs de la Culture, traités socialement, voire idéologiquement comme de trop dans la société.

Nous constatons déjà la déstructuration de l’emploi dans les entreprises artistiques et culturelles, moins de permanents, plus d’intermittents. La précarité des uns génère celle des autres.

Et les conséquences de cet accord vont impacter l’ensemble des salariés du spectacle, intermittents comme permanents. Les conditions d’application du différé sont la trappe aux bas salaires et vont générer des opportunités pour certains employeurs de tirer toute la chaine vers le bas, qui au prétexte d’une égalité de traitement bloqueront l’évolution des salaires pour tous.

Les salariés qu’ils soient permanents ou intermittents vont avoir de plus en plus de difficultés à vivre de leur métier.

Politiquement, et particulièrement de la part du nouveau ministre du travail, pour le coup, nous assistons là à un vrai retournement.

Où sont les convictions ? Où est le courage politique ?

On ne cesse de nous mentir

On nous dit que si il y a accord entre les soit disant partenaires sociaux, le ministre est tenu de donner son agrément. C’est faux, les textes règlementaires disent peut et non doit.

Le gouvernement, et il l’a déjà fait, peut exiger de revoir la copie,

Il s’agit donc bien d’un choix politique qui entérine les plus grands reniements politiques.

Et toute honte bue, avec le plus grand cynisme, on prétend nous avoir sauvés !!!

Et c’est en re citant Jack Ralite que nous appelons les salariés intermittents et permanents à se mobiliser pour défendre nos missions et nos moyens d’existence.

« Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche ».

Montpellier, le 16 mai 2014.

[1] Modernisation de l’Action Publique territoriale et d'Affirmation des Métropoles

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