Intervention du 23 septembre-Journée sur les libertés syndicales

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Intervention du 23 septembre-Journée sur les libertés syndicales

Intervention de Serge Ragazzacci, Secrétaire de l'Union Départementale devant la préfecture de Montpellier:

"Chères et chers camarades bonjour,

Nous sommes réunis aujourd’hui devant la Préfecture pour rebaptiser la place du marché aux fleurs, place des libertés syndicales.

La CGT fait du 23 septembre une journée nationale de mobilisation pour les libertés syndicales. Ce qui nous a conduit à organiser cette action ce sont les multiples procès attentés à nos militants, la remise en cause partout en France de nos locaux syndicaux, de nos droits syndicaux ou des financements publics. C’est cette multiplication des remises en cause des droits salariés à s’occuper de ce qui les intéresse au plus près : leur travail et leur vie au travail.

Depuis le début du mandat de François Hollande plusieurs lois sont venues réduire les capacités d’intervention du syndicalisme les lois Rebsamen et Macron passée en force avec le 49.3 sont les dernières en date.

L’offensive patronale contre les conseils de prud’hommes contre les DP, les CE, les CHSCT satisfait les revendications les plus réactionnaires du patronat français. L’annonce des suites données aux travaux de la commission Combrexelle, comme les déclarations de Macron sur le statut des fonctionnaires appelle à une réaction forte, coordonnée et unitaire du syndicalisme français.

Ce qui est proposé dans la casse du droit du travail, c’est à dire du droit des travailleurs, ce n’est ni plus ni moins que l’inversion des normes, la remise en causes des garantis collectives. C’est tout simplement inacceptable. Nous sommes résolument contre. La loi doit rester le socle commun de tous les salariés quel que soit son entreprise ou son statut. L’égalité devant la loi, c’est un des principes de la république. L’exception ne doit pas devenir la règle.

Pourtant Il n’est pas rare d’entendre certains éditorialistes ou certains politiques voire même des représentants du patronat se plaindre de la faiblesse du dialogue social en France, nous vanter cette herbe qui pousse toujours plus verte ailleurs. Ils nous rêvent moutons alors que nous refusons l’aveuglement et la résignation du troupeau. Nous appelons à une grande mobilisation unitaire du syndicalisme pour préserver et élargir la liberté syndicale. Et même, même là où il y a Berger nous sommes persuadés qu’il n’y a pas forcément mouton.

Depuis 120 ans et le fameux congrès du 23 septembre à Limoges le syndicaliste et la CGT sont la cible des puissants qui ne supportent pas que l’on puisse contester leur pouvoir, remettre en cause les richesses qu’ils volent au travail et qui ne supportent pas non plus que nous oeuvrions à organiser, former, mobiliser les salariés pour changer les règles du jeu au travail comme dans la société.

Les méthodes sont nombreuses et bien connues depuis la mise au placard, le licenciement, la remise en cause du droit syndical ou des locaux syndicaux. Sur notre département nous pouvons citer des exemples dans l’ensemble des professions et corporations.

Quelques exemples : à IBM une vingtaine de procédures ont été introduites en 10 ans, à la Poste une dizaine de dossiers sont engagés, dans le commerce, dans l’industrie partout on essaie de faire taire la voix des salariés. Les élections sont souvent l’objet de contentieux au tribunal tout comme sont contestés les désignations de nos délégués syndicaux. Cette tension antisyndicale est vécue à l’identique dans l’ensemble des services publics et plus particulièrement dans les mairies où nos camarades ont des difficultés à se détacher pour mener l’activité syndicale ou à obtenir les informations suffisantes pour informer les agents qu’ils représentent. Il y a même des élus qui se permettent de remplacer les grévistes comme se fut les cas à la Mairie de Montpellier début septembre.

Toutes ces injustices petites ou grandes, toutes ces remises en cause de la liberté syndicale sont inacceptables et s’attaquent à des principes intangibles qui fondent notre conception de la démocratie et de la République. La liberté syndicale n’est pas un supplément d’âme c’est un droit universel reconnu et protégé par la constitution de l’OIT de 1919. Se syndiquer est aussi un droit garanti par la constitution française qui permet à chacune et chacun d’entre nous de s’organiser, participer aux actions collectives, voter, manifester, négocier se mettre en grève si la situation l’exige. C’est un droit individuel qui crée une force collective.

Depuis 120 ans l’histoire de notre pays est marquée par cette obstination des travailleurs à transformer leur quotidien de travail et à transformer la société. Rien n’a été obtenu sans que les salariés s’organisent, se mobilisent et agissent. C’est vrai de l’interdiction du travail des enfants, comme du droit aux congés payés ou du droit à la retraite. Aujourd’hui comme il y a 120 ans nous appelons les salariés à refuser l’arbitraire patronal et à se syndiquer.

Tous ceux qui rêvent aujourd’hui d’un monde débarrassé du code du travail mais aussi de la sécurité sociale, du SMIC, s’attaquent donc logiquement au syndicalisme en général à la CGT en particulier. Nous rappelons ici notre détermination à défendre pied à pied l’ensemble de nos camarades. Ils voudraient nous faire croire et faire croire aux salariés, que prendre ses affaires en main, s’organiser se syndiquer est une erreur mais c’est bien là où il n’y pas de syndicat que la vie des salariés est la plus terrible, que leurs droits ne sont les plus bafoués, que le silence est la règle de dialogue social.

La CGT demande à ce que de nouvelles mesures soient prises comme :

Le vote définitif par l’assemblée nationale de la loi d’amnistie « des délits commis lors des mouvements sociaux »

Nous demandons une loi protégeant les militants syndicalistes et progressistes

Nous exigeons le retrait des militants syndicaux, politiques et associatifs des fichiers ADN

Nous exigeons que les organisations syndicales puissent bénéficier d’un logement gratuit assuré par les collectivités territoriales – toutes les collectivités territoriales- que l’accès aux salles municipales soit gratuit.

Nous demandons à ce que des droits syndicaux interprofessionnels soient enfin inscrits dans la loi pour permettre à nos Unions Locales, au Comité Régional et à l’Union Départementale de fonctionner normalement et pour permettre de répondre normalement aux demandes et attentes des salariés qui nous sollicitent.

L’ensemble des activités interprofessionnelles y compris les réunions institutionnelles se fait sur les droits syndicaux gagnés dans l’entreprise. Les salariés ont pourtant besoin de cette aide indispensable qu’offre notre activité interprofessionnelle à proximité de lieu de travail ou de vie. Rien ne peut justifier qu’en 2015 cette demande de droits interprofessionnels reste sans réponse.

Ensemble nous rappelons aujourd’hui qu’il n’y a pas de conquêtes sociales sans libertés syndicales.

Ensemble nous mobiliserons le 08 octobre pour une grande journée d’action, de grève et de lutte parce qu’il n’y aura pas d’avancée sociale sans libertés syndicales sans mobilisation sociale d’ampleur. 120 ans de la CGT mais des revendications toujours d’actualité et de progrès comme l’augmentation des salaires, le retour à la retraite à 60 ans et la RTT à 32h autant de sujet à débattre avec les salariés, les jeunes, les retraités, les exclus du travail. Pour le progrès social et contre l’austérité préparons partout le 08 octobre merci."

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