Rentrée marathon dans les Hauts cantons de l’Hérault!

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Rentrée marathon dans les Hauts cantons de l’Hérault!

Mobilisation:Le 1er septembre, à Bédarieux sur les hauteurs de l’Hérault, les militants de l’union locale CGT avaient décidé d’accomplir toute la journée un marathon des bases syndicales des Hauts cantons pour dialoguer avec les syndiqués.

L’initiative s’inscrivait dans le cadre des 3 000 rencontres que la CGT organise partout en France, depuis mars dernier, pour préparer le 51e congrès confédéral. « Notre objectif, explique Valérie Hirel, la secrétaire générale de l’UL, c’est de prendre l’avis des syndiqués, des militants sur ce qui marche, sur ce qui ne va pas dans notre organisation. Ce qui freine la syndicalisation. Comment ils voient leur CGT ». L’union locale fédère l’activité de 13 syndicats avec 280 adhérents.

Le marathon commence par une première étape à La Poste, où la CGT compte pas moins de 20 adhérents sur 30 agents, mais où les syndiqués sont à la peine pour mobiliser, tant la direction de La Poste campe systématiquement sur des postures de refus. Certains ont le sentiment de se battre le dos au mur, plutôt pour « défendre les conquis » comme dit l’un d’eux que pour gagner des avancées. Une situation qui pèse sur la syndicalisation, mais qui n’empêche pas cependant que les salariés, notamment les plus précaires, reconnaissent la CGT et se tournent vers ses militants pour se défendre un jour ou l’autre.

Le débat qui s’engage entre les facteurs et Daniel Sanchez, dirigeant confédéral de la CGT, Serge Ragazacci, secrétaire départemental, et Valérie Hirel révèle aussi les difficultés à déployer l’activité syndicale. La CGT, dans ce bureau de poste, s’incarne incontestablement en la personne de Dimitri qui témoigne de son sentiment d’être beaucoup aspiré par des tas de réunions d’instance du syndicat au département et à l’union locale. Il craint du coup de n’être pas assez présent.

Défendre les services publics de proximité

Retour dans les locaux de l’UL, où les militants retraités CGT des Hauts cantons assurent qu’ils reçoivent un bon accueil lors de leurs présences régulières sur les marchés, notamment cet été pour faire signer la pétition pour l’augmentation des salaires et des pensions. Et ils conviennent aussi d’une certaine frilosité à aller proposer l’adhésion à des retraités dont ils connaissent les sympathies et la sensibilité aux questions revendicatives portées par la CGT. Ils s’interrogent aussi sur la nécessité de porter dans le débat les questions de la défense des services publics, de pouvoir d’achat, l’accès aux soins, les dispositifs de maintien et d’aide à domicile.

Des questions en effet très sensibles dans les Hauts cantons, où beaucoup se souviennent de la longue et mémorable bataille pour préserver l’hôpital local de Bédarieux. Dans cet établissement, tout comme à Lamalou, au centre hospitalier Coste-Floret, la rencontre des syndiqués révèle de fortes interrogations sur les modalités de l’action : « À quoi servent nos journées de mobilisation ? On a l’impression que ça n’avance pas. Pourquoi ne parvient-on pas à ce que tous les syndicats soient ensemble ? »

Transformer les affinités en adhésion

Ce marathon prend un moment la direction du petit village d’Avene, où jaillit une source d’eau dont les bienfaits dermatologiques sont exploités par une filiale du groupe pharma-cosmétique Pierre Fabre. Avene est le tout premier et l’un des rares sites industriels de l’Hérault, avec un complexe thermal, hôtelier (en construction) et une usine qui fabrique les crèmes, les laits, les aérosols d’eau thermale et toute la gamme cosmétique Avene.

Les militants CGT viennent d’y obtenir la création de dix emplois pérennes. Un pas en avant qu’ils jugent encore insuffisant au regard de la masse d’emplois intérimaires dans cette usine en développement. Les militants, très absorbés par l’activité en CE en CHSCT, y semblent reconnus par les salariés mais, là encore, la sympathie ne se transforme pas en syndicalisation.

Et les militants se disent à la peine pour évoquer les revendications salariales dans un contexte de plan de sauvegarde de l’emploi au sein du groupe Pierre Fabre et dans un environnement rural caractérisé par de faibles salaires. Pourtant, le groupe réalise de très confortables résultats grâce à cette usine qui contribue largement à la réalisation d’un chiffre d’affaire d’un milliard d’euros.

Les victoires contre l’isolement syndical

De retour à l’UL, le débat se poursuit avec des syndiqués isolés, telles que ces deux salariées de l’aide à domicile en milieu rural (ADMR) qui peinent à tisser des liens avec leurs collègues, qui travaillent seules aux domiciles des bénéficiaires, mais qui, en dépit de leurs difficultés réelles à militer, ont fait entrer la CGT dans cette association et l’ont hissée en tête des élections professionnelles.

Ce marathon de rentrée n’aura évidemment pas épuisé tous les sujets, « mais c’est une expérience très positive qui valide notre démarche consistant à renouer des liens avec nos syndicats, d’être à l’écoute », affirme Daniel Sanchez. « Nous sommes lucides sur le fait que nous avons rencontré surtout des militants, peu de syndiqués, qui se disent absorbés par la représentation des salariés et qui ont de vraies difficultés à développer l’activité syndicale, la vie collective, le débat d’idées. Il y a besoin de leur redonner confiance... » et donc assurément de faire de ces rencontres, non pas des événements, mais un mode de vie dans la CGT.

VIDEO A CONSULTER SUR LE SITE DE LA NVO: www.nvo.fr

Lien: http://www.nvo.fr/0-0-3856-rentree-marathon-dans-les-hauts-cantons-de-l-herault

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