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Blog d'information de la CGT, toutes les informations sur les luttes et le syndicalisme dans l'Hérault

Un jeune guinéen, boulanger à Fabrègues, est menacé d’expulsion

Contre le travail dissimulé, régularisation de tous les sans-papiers – CGT  Travail Emploi Formation Professionnelle

 
Rassemblement de soutien
 
samedi 23 janvier à 10h
 
devant la boulangerie : 71 rue Mézière Christin (zone industrielle) à Fabrègues
 
 
Le communiqué du Comité de Soutien
 

Un jeune réfugié menacé d’expulsion à Fabrègues

 

Souleymane, Guinéen de 24 ans, travaille depuis plus d’un an dans une boulangerie bio (l’association d’insertion Pain et Partage) de Fabrègues (Hérault).

Il est arrivé en France il y a 2 ans et bénéficiait jusqu’à maintenant d’une autorisation de travailler qui va bientôt prendre fin car le statut de demandeur d'asile lui a été finalement refusé. Il a alors fait une demande de carte de séjour salarié auprès de la Préfecture de l’Hérault, puis, après un premier refus, un recours gracieux ; à ce jour il n’a reçu aucune réponse si ce n’est une OQTF (obligation de quitter le territoire français).

Il est donc susceptible d’être expulsé à tout moment. Il ne comprend pas ce rejet de la part du seul pays où il a pu commencer à construire une vie digne et libre.

De plus, il se trouve dans une impasse complète et risque de devenir apatride puisque, menacé d'expulsion, il ne peut retourner dans son pays d’origine, la Guinée, car il n'a pas de passeport lui permettant de rejoindre ce pays qui ne l'acceptera pas sans papiers.

Il a donc déposé un recours devant le tribunal administratif de Montpellier qui statuera fin février.

 

L’itinéraire de Souleymane

En Guinée, Souleymane était victime de violences familiales tant physiques que psychologiques qui l’ont notamment empêché d’être scolarisé. Il garde de lourdes séquelles physiques de ces violences. C’est la raison qui l’a poussé à quitter son pays d’origine.

Au cours d’un itinéraire long et compliqué comme tous les migrants, il est passé par le Maroc où il est resté quelques mois, survivant difficilement et préparant son passage en Europe. Puis, il a traversé la Méditerranée sur un zodiac. Débarqué en Espagne, il y est resté quelques temps et est arrivé en France en décembre 2018.

Avec l’aide d’un avocat de Ligue des Droits de l’Homme (Me Sophie Mazas), il dépose alors une demande d'asile Réfugié. Le dépôt de cette demande lui permet d'obtenir un hébergement et l’accès à des cours de français, langue qu’il maîtrisaît très mal n’ayant pas été scolarisé.

 

Une bonne intégration …

Grâce à ses efforts personnels, il parle maintenant parfaitement notre langue, condition nécessaire pour son intégration professionnelle. Parallèlement, il entre en contact avec une association l’AHM (Association Humanitaire de Montpellier) qui lui apporte un soutien matériel et l’aide à s’insérer.

C’est ainsi que son intérêt pour le métier de boulanger peut se matérialiser. Il débute par des stages, puis un CDD et depuis fin 2020 il obtient un CDI dans l’atelier de fabrication de l’entreprise d’insertion Pain et Partage à Fabrègues. Cette boulangerie solidaire approvisionne en pain bio les cantines, collectivités et association humanitaires de la région de Montpellier. Par son sérieux et son professionalisme, il est devenu rapidement un élément essentiel de l’entreprise, assurant la production et formant les nouveaux embauchés qui restent peu de temps vu la difficulté du métier.

Cette stabilisation professionnelle lui fournit l’occasion de mieux s’établir : il achète un scooter et passe le brevet pour le conduire ce qui lui facilite grandement ses trajets vers son travail de nuit à Fabrègues car il est toujours hébergé à Montpellier.

En accord avec son employeur, il projette maintenant une formation en alternance pour un CAP boulangerie.

 

... balayée par la Préfecture

Mais le refus de l’administration française de lui délivrer un titre de séjour de salarié et l’ordre de quitter le territoire lui interdisent désormais tout travail.

Avec son avocat, Souleymane a déposé un recours contre la décision de la Préfecture auprès du Tribunal Administratif qui statuera fin février. En attendant, l’obligation de quitter le territoire est suspendue mais il y a toujours interdiction de travailler.

Plus que son équilibre personnel, si durement acquis, c'est son existence même d'homme libre qui est mise en péril, puisque interdit de séjour en France et empêché d'entrer en Guinée. Par ailleurs, le bon fonctionnement de l’entreprise d’insertion Pain et Partage est gravement menacé car il lui sera quasi impossible de remplacer Souleymane tant il est difficile de recruter et garder des salariés dans ce secteur où le travail est dur.

Le soutien s’organise

Nous avons organisé un premier rassemblement de soutien à Souleymane vendredi 15 janvier devant la boulangerie. Plus de quarante personnes étaient présentes, notamment un des responsables de la Cimade et un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme.

Lors de cette matinée, le député Patrick Vignal est venu rencontrer Souleymane et son employeur. P. Vignal a annoncé qu’avec sa collègue députée Muriel Ressiguier, ils allaient intervenir auprès de la Préfecture. Un adjoint au Maire de Montpellier nous a contactés pour concrétiser un soutien de la municipalité.

 

Une pétition demandant sa régularisation est disponible :

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-contre-l-expulsion-de-souleyane-jeune-boulanger-guin%C3%A9en-en-cdi?recruited_by_id=860c06a0-4a7b-11eb-b7ac-d5254b44d8

 

Un nouveau rassemblement de soutien est prévu le samedi 23 janvier à 10h devant la boulangerie, 71 rue Mézière Christin à Fabrègues.

 

Le Comité de soutien à Souleymane

 

pour nous contacter : soutien.souleymane@yahoo.com

 

 

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